Quelles compétences pour demain ?

Dans son nouveau guide, Expectra lève le voile sur les métiers de demain

Paris, le 6 juin 2013 – A l'heure où l'environnement économique est l'objet de profonds bouleversements, les effets sur le monde du travail ne se font pas attendre. Les compétences demandées aux salariés et les métiers évoluent. Au point que certains « métiers de demain » ont d'ores et déjà émergé dans l'entreprise – expert bilan carbone ou e-reputation manager par exemple.

Inéluctables, ces évolutions posent plusieurs questions. Côté candidats, l'adaptation des compétences apparaît plus déterminante que jamais pour maintenir et développer son employabilité. Quant aux recruteurs, charge à eux de détecter les cadres en mesure d'embrasser des carrières sur des métiers émergents.
Le tout dans un contexte professionnel où la mobilité et la complexification des tâches sont les maître-mots.

Pour répondre à ces interrogations, Expectra, leader français du recrutement spécialisé de cadres et agents de maîtrise, publie chez les éditions L'Express un guide des métiers de demain : « Quelles compétences pour demain ? Les métiers en évolution ».

« Quels seront les métiers de demain ? Poser la question, c'est ouvrir le débat de l'évolution des compétences et se demander comment les métiers d'aujourd'hui vont évoluer. L'exercice est pour le moins difficile. En tant qu'intermédiaire de l'emploi des cadres, il nous a cependant paru essentiel d'éclairer les transformations à l'oeuvre. De l'irruption des nouvelles technologies de l'information à l'importance croissante des enjeux de RSE en passant par la course à l'innovation, entreprises et salariés font face à des mutations profondes de l'environnement professionnel. Les comprendre est indispensable pour anticiper et répondre aux attentes des employeurs et des candidats », déclare Didier Gaillard, directeur général d'Expectra.

Guide Expectra : recruter les profils de demain avec les meilleurs atouts

Sous l'effet conjugué de phénomènes aussi durables que l'essor du Web 2.0, la recherche permanente d'innovations et l'importance croissante des enjeux de RSE (responsabilité sociale et environnementale), des évolutions d'envergure traversent le monde professionnel. Avec des conséquences très concrètes sur la façon de travailler, précise l'étude d'Expectra. De plus en plus, les projets collaboratifs prennent le pas sur une organisation du travail fondée sur les seuls liens d'autorité. Cette évolution va de pair avec une mobilité accrue des salariés.

De même, face à une concurrence internationale toujours plus vive, et pour répondre à l'obsolescence accélérée des produits et des services, les entreprises doivent innover sans cesse. Une course en avant qui exige l'adaptation permanente des compétences. Autre enjeu de taille,
l'importance croissante des questions de RSE. Par-delà l'acronyme, il s'agit pour les entreprises d'appréhender les multiples implications sociales, juridiques mais aussi techniques du cadre normatif et réglementaire dans lequel elles évoluent. Combiné aux évolutions technologiques, ce sujet participe à la complexification des tâches demandées aux cadres dont les compétences, de fait, se doivent d'évoluer.

Dans ce contexte, les entreprises n'ont d'autre choix que d'anticiper. Il s'agit à la fois de préparer les changements à l'oeuvre mais aussi et surtout d'accompagner les salariés dans cette transition. Un travail qui commence dès l'étape initiale, à savoir le recrutement. A cet égard, les attentes des employeurs face aux « métiers de demain » se concentreront sur la compétence métier, gage à leurs yeux d'une capacité opérationnelle immédiate. Autre axe plébiscité : la capacité des candidats à rester à la pointe en termes de connaissances. Plus que jamais, la capacité d'adaptation est un enjeu-clé du recrutement.

Structurée sur la base de cinq grandes filières, l'étude présentée par Expectra décrypte pour chacune des filières les tendances en termes d'emploi et de compétences. Elle dresse aussi un panorama des métiers qui évoluent. Les listes des métiers en évolution présentées dans ce guide au sein de chaque filière ont été établies après échanges entre des entreprises, des managers Expectra et le responsable des études Expectra.

Informatique & Télécoms, une filière dynamique en termes d'emploi

 

● Marché de l'emploi
Avec près de 150 000 personnes pour les télécoms et plus de 370 000 dans le secteur des logiciels et des services, sans parler des 539 000 ingénieurs et techniciens informatiques en poste, la filière informatique et télécoms est l'une des plus dynamiques en termes d'emploi. Un élan qui reste plus que jamais d'actualité avec l'importance croissante des nouvelles technologies dans toutes les catégories d'activités. Le trait commun de ces entreprises liées aux télécoms et à l'informatique est qu'elles devraient continuer à être pourvoyeuses d'emploi dans les années qui viennent : si l'augmentation des embauches dans les télécoms doit être relativisée en raison des importantes restructurations menées en 2012, dues à l'apparition de la téléphonie à bas coût, l'informatique devrait pour sa part tenir le rythme de 35 000 recrutements par an, suivant la courbe d'une croissance économique moyenne de 7 % par an, depuis une dizaine d'années. Entre 2005 et 2015, les besoins attendus de l'informatique et du numérique se chiffrent ainsi à quelque 207 000 embauches.


● Evolution des métiers et des compétences
→ La filière informatique et télécoms doit relever le défi de l'évolution constante liée à l'accélération des progrès technologiques et techniques et à la rapidité des changements de modèles (des organisations elles-mêmes et des usages).
→ Dans les télécoms, on observe en particulier une évolution importante des métiers techniques, due à la convergence des réseaux et du système d'information : les métiers de l'architecture et de l'ingénierie intègrent ainsi de plus en plus une expertise orientée service, et les fonctions consistant à intervenir auprès des clients doivent désormais faire une large place à la qualité de la relation client, et se doubler d'une capacité à promouvoir les produits.
→ Du côté de la relation client, les métiers tendent à développer l'aspect conseil, rendu stratégique par la multiplicité des usages de ces nouveaux outils. Enfin, avec l'émergence de nouvelles fonctionnalités (multimédia, multicanal), le secteur est amené à associer les métiers de la recherche et de l'innovation à d'autres domaines que leur expertise exclusive : marketing, ingénierie, ergonomie... le client et l'usager étant ainsi impliqués très en amont de la chaîne de production.


● Un métier en évolution : ingénieur études et développement informatique
Avec la complexification des systèmes d'information, les ingénieurs études et développement seront amenés à être de plus en plus pointus et capables de s'adapter rapidement aux nouveaux langages (Java, PHP, .NET, Delphi, WinDev, VB, VBA, C/C++, Python, Android, iPhone, langages propriétaires).
L'accélération des services dans la mobilité nécessitera de développer de plus en plus de solutions informatiques sur des outils différents avec des applications centrées autour de la géolocalisation, du social, etc.

Ingénierie & Industries : à la recherche de nouveaux profils

● Marché de l'emploi
Délocalisations, externalisations des fonctions support, fusions liées aux nombreuses restructurations ont été synonymes de réduction importante des emplois salariés : entre 1992 et 2010, la population salariée du secteur de l'industrie a ainsi diminué de 29 %. Cependant sur la même période, les effectifs cadres ont progressé de 20 %. Si les cadres ont par ailleurs bien résisté sur les années 2010, 2011 et 2012, leurs perspectives dans le secteur sont désormais orientées à la baisse. Les prévisions pour 2013 sont en effet relativement sombres, avec une diminution des embauches cadres qui serait comprise entre 3 % et 18 % par rapport à 2012.


● Evolution des métiers et des compétences
→ La stratégie de la filière industrielle dans son ensemble consiste à se concentrer sur les compétences les plus pointues, en encourageant l'hyperspécialisation des métiers. Ainsi, les cadres de production industrielle ou de chantier sont désormais beaucoup moins recherchés que les cadres en études ou R&D. La mise en avant de l'innovation, y compris par les pouvoirs publics (crédit d'impôt recherche, pôles de compétitivité), joue également un rôle dans le renforcement de cette tendance.
→ Dans la même logique, on assiste à l'apparition de nouvelles compétences en lien avec les problématiques sociétales et environnementales actuelles (santé, environnement). Les entreprises liées aux secteurs de l'énergie, de l'eau et de la gestion des déchets sont au 5e rang des entreprises industrielles qui recrutent des cadres. Elles représentent d'ores et déjà plus de 10 % de l'emploi cadre dans l'industrie, signe d'une installation de ces nouvelles préoccupations. La recherche d'énergies renouvelables, la protection de l'environnement, le renforcement du principe de précaution et l'attention portée à la santé des populations touchent de plus en plus d'activités.
→ D'une façon plus générale, les métiers de la qualité, de la maintenance, de la sécurité et de la logistique sont particulièrement concernés par cette évolution des profils recherchés. Entre 2002 et 2012, leur part dans les recrutements du secteur industriel est passée de 12 % à 17 %. Parmi les métiers qui restent prisés, on trouve enfin ceux du contrôle et de l'inspection, en raison de l'augmentation des risques, mais aussi de la multiplication des normes et des règlements.


● Un métier en évolution : chef de projet R&D
Ce métier devrait évoluer vers encore plus de technicité, notamment en termes de maîtrise des normes (sécurité, environnement, etc.) liées à une activité précise. Autre axe de mutation à retenir : les compétences en électricité devraient être particulièrement appréciées dans les années à venir. Et ce dans différents domaines comme le nucléaire, le bâtiment, l'aéronautique, la rénovation d'installations électriques, les projets intégrant les énergies renouvelables...

Comptabilité & Finance : un marché de l'emploi contrasté

● Marché de l'emploi
D'une façon générale, la situation de l'emploi de la filière comptabilité et finance est incertaine. Entre le dernier trimestre 2011 et le dernier trimestre 2012, le nombre d'offres à destination des cadres dans la filière a certes augmenté de 24 %, mais ce score intéressant est à nuancer avec les prévisions de recrutement pour 2013 : les embauches de cadres dans la finance et la comptabilité subiraient une baisse de 9 % à 21 % sur l'année, positionnant ainsi le secteur au dernier rang de ceux qui recrutent, au même niveau que la filière RH et juridique. Cette morosité s'explique en grande partie par l'impact de la crise sur le secteur : les métiers sont désormais soumis à plus de contrôle et de suivi. Autre facteur de fragilisation : l'internationalisation des organisations, synonyme d'éparpillement des sites, qui oblige les profils à s'adapter rapidement à l'évolution des normes internationales.


● Evolution des métiers et des compétences
→ Les entreprises de la filière sont aujourd'hui particulièrement friandes de profils pluridisciplinaires, conjuguant expertise en comptabilité-finance et nouvelles compétences plus spécifiques : connaissances en droit du travail, expertise en nouvelles technologies et systèmes d'information, maîtrise des techniques de marketing.
→ Pour l'actuariat par exemple, « on constate un déplacement du coeur de métier : de l'actuariat de la conception technique des produits (tarification, calcul des réserves) vers l'étude des résultats de l'entreprise (prévision de résultats, optimisation de la gestion, des provisions et des actifs) aussi bien dans une perspective de conseil auprès de la direction générale que d'organisation », souligne l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance.
→ Les postes strictement financiers sont de plus en plus concernés par la nécessité d'avoir une vision globale de l'organisation, afin de s'adapter aux fluctuations de la stratégie. La notion de risque va désormais de pair avec celle de rentabilité, et l'on exige de nouvelles compétences humaines pour ces métiers : anticipation et vision de long terme, faculté de convaincre, leadership, bilinguisme.


● Un métier en évolution : comptable unique
Malgré une connotation de métier moins attractif, le comptable unique est toujours essentiel aux petites entreprises, en particulier dans le contexte français, où les PME et TPE sont nombreuses. Les recrutements à ce poste de fonction stratégique supposent une grande anticipation, notamment à l'heure où les départs à la retraite se multiplient. Avec la pression renforcée sur la gestion des coûts, le métier exigera des compétences complémentaires en analyse, afin d'aider l'organisation à dépasser les situations de crise en s'adaptant rapidement aux nouvelles donnes.

Commercial & Marketing, une valeur sûre en termes d'emploi

● Marché de l'emploi
En 2013, pas moins de deux recrutements de cadres sur dix devraient se réaliser dans cette catégorie de métiers. Une perspective à situer dans la continuité de l'année 2012, où l'embauche de cadres commerciaux est restée très active, en légère augmentation par rapport à 2011 (+ 1,5 %). L'essor d'Internet et des technologies associées au Web conduit au dynamisme particulier du secteur de l'e-commerce, grand consommateur de profils commerciaux et marketing. Cette activité est responsable aux deux tiers du poids important de tous les business liés au Web dans le PIB français (3,7 % en 2010). D'ici à 2015, la contribution d'Internet au PIB devrait d'ailleurs augmenter de 13 % par an, assurant de belles perspectives pour l'e-commerce, en particulier dans les fonctions commerciales et marketing.


● Evolution des métiers et des compétences
→ Côté marketing, sous l'impulsion de la révolution digitale, de nouveaux outils de CRM apparaissent et contribuent à rapprocher toujours plus les clients et la marque. Cette tendance se traduit par une volonté d'uniformiser et d'harmoniser les messages, dans toute la déclinaison plurimédia de la promotion de la marque. D'où la nécessité d'avoir à ces postes des profils maîtrisant l'ensemble de la chaîne produit, capables de communiquer avec les différents services de l'entreprise et d'intervenir de plus en plus en amont de la commercialisation. De manière générale, les métiers traditionnels du marketing se « digitalisent », intégrant dans la réflexion quotidienne, et donc dans la définition des postes, des attentes spécifiques liées aux nouveaux médias.
→ L'impact d'Internet se traduit également dans les métiers commerciaux, confrontés à des clients de plus en plus informés. Une tendance qui présente deux conséquences : l'obligation de développer et d'intégrer à ces fonctions l'aspect conseil de la mission, mais aussi d'exiger des candidats à ces postes une approche suffisamment pointue dans l'analyse des comportements et des attentes des clients.


● Un métier en évolution : ingénieur commercial
La double compétence, linguistique et commerciale, ou technique et commerciale, est amenée à faire de plus en plus la différence entre les candidats. La fonction devrait évoluer du côté de l'accompagnement des clients, avec la capacité pour l'ingénieur commercial de démontrer de façon très pointue l'intérêt des solutions que sa société propose. Les produits et/ou les services qu'il promeut sont de plus en plus dotés d'un haut degré de technicité : c'est pourquoi les profils doivent être très spécialisés sur un produit ou un service. Dans les assurances, l'ingénieur commercial suivra l'évolution des statistiques liées aux types de risques et devra justifier d'une excellente connaissance des contrats proposés.


RH & Juridique, une filière à l'abri de la crise


● Marché de l'emploi
Soumis à une forte pression de rentabilisation, les métiers des ressources humaines ont néanmoins bien résisté à la conjoncture économique difficile de ces dernières années. En témoigne l'augmentation importante des offres d'emploi pour ces postes entre 2010 et 2011, qui s'élevait à 42 %. Si entre 2011 et 2012 elles sont encore en augmentation, il faut cependant noter un réel ralentissement, puisque le différentiel sur un an n'est que de 5 %. Dans le détail, la santé de l'emploi dans le secteur dépend du type de postes : toutes les fonctions liées à la formation sont de plus en plus demandées, tandis que celles liées à l'administration des RH connaissent un léger déclin. Du côté des professionnels du juridique au service de l'entreprise, on observe une réelle augmentation des recrutements, notamment pour les juristes en droit social, droit des affaires, fiscalité ou nouvelles technologies (+ 50 % entre 2011 et 2012). Cette tendance s'accompagne d'une hausse des rémunérations : + 4,1 % entre 2011 et 2012 pour les juristes, + 1,1 % pour l'ensemble des professions juridiques. Certaines fonctions ou spécialités RH sont par ailleurs à la limite de la pénurie, en particulier la paie, de moins en moins convoitée par les candidats.


● Evolution des métiers et des compétences
→ Les relations sociales ne cessent de prendre de l'importance dans les missions des métiers RH. Les évolutions rapides du droit du travail, qui imposent de plus en plus de sujets de négociation sociale, expliquent en partie ce phénomène. Le changement même des règles du dialogue social (représentativité, comité d'entreprise européen) oblige les responsables RH à une réelle technicité dans ce domaine, doublée de fortes capacités relationnelles. Associés aux enjeux humains, les sujets de responsabilité sociale de l'entreprise, en particulier dans les domaines de la santé au travail, du développement durable et des actions socialement utiles, concernent de plus en plus les métiers des ressources humaines et du juridique.
→ D'une façon générale, responsables RH et juristes sont donc amenés à effectuer une veille intensive (législative et concurrentielle) afin d'anticiper les hausses et baisses d'activité, les mutations du marché, les virages stratégiques, les tendances en rémunération...


● Un métier en évolution : responsable des ressources humaines
Toujours très associé à la stratégie, le poste de responsable RH est de plus en plus contraint de se recentrer sur les aspects humains. La question du lien social revient en force et le responsable RH doit s'adapter à cette évolution. Autre tendance : la spécialisation vers l'accompagnement RH, notamment dans un contexte de fusion d'organisations (refonte des statuts collectifs, homogénéisation des outils RH, conduite du changement RH, etc.), de décentralisation... Pour mieux accompagner les changements, on lui demandera de plus en plus d'anticiper les crises plutôt que de les gérer.

À propos d'Expectra
Expectra, filiale Expert du Groupe Randstad France, est le leader en France du recrutement spécialisé de cadres et agents de maîtrise dans les domaines les plus pointus : Informatique & Télécoms, Ingénierie & Industries, Comptabilité & Finance, Commercial & Marketing et RH & Juridique. Chaque année, Expectra réalise plusieurs milliers de recrutements de profils hautement qualifiés en CDI ou Travail Temporaire, exclusivement cadres et agents de maîtrise. Expectra est présent dans 25 grandes villes françaises avec 30 bureaux et départements spécialisés, et 400 consultant(e)s et chargé(e)s de recrutement organisés par ligne d'expertise métiers.