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La pénurie des ressources informatiques s'est accrue ces dernières années. Trouver entre autres des ingénieurs télécoms, des architectes réseau, des ingénieurs de développement J2EE ou des consultants SAP, devient problématique. Bérengère Garotin, manager de l'agence Expectra Informatique Lyon, fait part des solutions trouvées.
Comment expliquez-vous cette pénurie ?
Il y a vingt ans, le domaine high-tech attirait beaucoup. Aujourd'hui, l'informatique est perçue comme une profession stressante et le nombre de diplômés est nettement inférieur aux besoins du marché. De même, de par l'évolution technologique permanente, les profils spécialisés peuvent être obsolètes d'une année sur l'autre. Cela explique pourquoi la demande de ressources est perpétuelle sur ces secteurs.
Il existe aussi un manque patent de formations adaptées en France. Des compétences techniques très demandées comme le SAP ou les mainframes ne sont pas enseignées dans les écoles supérieures. Plus grave encore, le relais attendu par la formation continue des salariés est presque inexistant. De plus, avec le papy boom, les entreprises veulent pérenniser leur savoir-faire et préfèrent embaucher des jeunes avec trois ou quatre années d'expérience.
Quelle a été l'évolution de la pénurie ces dernières années ?
Depuis 2005, la croissance économique en région Rhône-Alpes a suscité davantage de besoins en ressources informatiques, télécommunications et réseaux. Le recrutement est donc encore plus complexe et cela risque d'empirer ces prochaines années. En effet, la profession d'informaticien évolue vers des profils de gestionnaires de l'information, et des processus qui exigent plus de polyvalence. Les entreprises ne recherchent donc plus uniquement des spécialistes opérationnels mais bel et bien des collaborateurs « à potentiel ».
D'autre part, dans un futur très proche, 30 % des emplois liés aux services informatiques seront occupés par des salariés basés dans les pays émergents. Le but est de combler le manque de candidats, mais cette solution est temporaire car la pénurie touchera également les pays comme la Chine ou l'Inde.
Quelles sont vos solutions pour faire face au problème ?
Nous jouons en priorité sur la réactivité car la concurrence s'intensifie et les salaires des ingénieurs s'envolent. En région Rhône-Alpes, raccourcir les délais de recrutement pour optimiser les intégrations en CTT/CDD ou CDI chez nos clients, implique de réorganiser notre réseau. Pour ce faire, début 2008 nous avons hyper-spécialisé notre agence grâce à la mise en place de deux pôles distincts : un pôle spécialisé infrastructure systèmes et réseaux, et un pôle spécialisé études, intégration et télécommunications. Plus concrètement, notre objectif premier est d'optimiser au maximum le vivier de candidats. Les rencontres professionnelles Expectra, sous forme de journée de recrutement, accélèrent également l'identification des potentiels d'embauche.
Pour faire face à la pénurie, il est aussi de mise de savoir anticiper. Pour cela, nous réalisons des analyses nous permettant de suivre au plus près les évolutions technologiques du marché et les qualifications requises. Nous travaillons sur l'anticipation du sourcing en détectant les profils de demain et en suivant de près les candidats en poste dans leurs projets de changement. Cela nous permet ainsi de fidéliser nos experts et de nous assurer un vivier de potentiels.