Le name googling, un outil de veille pour les candidats

Phénomène devenu incontournable sur Internet, le name googling effraie souvent les candidats. Pourtant, bien utilisé, celui-ci peut se révéler profitable, en leur permettant de glaner des informations sur leurs employeurs potentiels mais aussi de s'assurer de leur e-réputation.

Sur Google, les recherches sur les noms de personnes concernent aujourd'hui près d'une requête sur cinq. « Le name googling est un phénomène qui fait maintenant partie intégrante de notre quotidien. Il ne faut pas le considérer comme dangereux mais l'apprivoiser afin de développer sa propre stratégie d'e-réputation », conseille Xavier Desfeuillet, directeur exécutif de l'agence spécialisée en gestion d'e-réputation Hington Klarsey qui suggère également aux candidats de prendre conscience d'une autre tendance de fond : « outre pour certains profils dans des secteurs d'activité très spécifiques, les entreprises attendent de la majorité de leurs collaborateurs qu'ils assurent une présence sobre et discrète sur le web. »

En conséquence, la stratégie d'e-réputation ne doit être ni trop chronophage ni trop onéreuse.
Elle doit, en premier lieu, être considérée comme un outil de gestion de carrière parmi d'autres et s'adapter au secteur d'activité du candidat.

Les clés d'une stratégie efficace

Tout démarre par une opération d'auto-googling. Quels sont les résultats qui ressortent ? Le contenu est-il en cohérence avec l'image professionnelle que l'on souhaite véhiculer ? « Si on est animateur radio, on aura intérêt à être particulièrement visible sur le web en traitant son nom ou pseudo comme une marque », conseille Xavier Desfeuillet.

Mais si le secteur ou la profession ne l'exige pas, les candidats doivent en premier lieu et avant tout se positionner sur les réseaux sociaux professionnels à l'image de Viadeo et LinkedIn. Leurs pages se placent généralement en tête de liste des résultats obtenus sur les moteurs de recherche. « En remplissant son profil, il faut viser la sobriété et se souvenir que les entreprises n'aiment pas les éléments incontrôlables », insiste le directeur exécutif d'Hington Klarsey.

Pour s'assurer plus de visibilité, il est aussi intéressant de participer aux hubs et forums professionnels avec un souci en tête : « toujours s'assurer en amont de l'intérêt des commentaires que l'on souhaite poster ». La bonne démarche n'étant pas de vouloir lutter contre le name googling mais « de se constituer un réseau », préconise-t-il.

Blogs et sites professionnels

Créer un blog ou un site personnel peut également s'avérer judicieux. Les blogs fréquemment mis à jour sont très appréciés des moteurs de recherche, tout comme les sites personnels dont l'URL reprend les noms et prénoms du candidat. « Un blog doit être alimenté pour être bien référencé. Si l'on manque de temps ou si l'on souhaite juste s'assurer une vitrine, il est préférable d'opter pour un site non dynamique », recommande Xavier Desfeuillet. Celui-ci devra toutefois être mis à jour régulièrement pour continuer d'apparaître en bonne place dans les pages de résultats des moteurs de recherche.

Contenus négatifs, comment procéder ?

Bien positionné sur les réseaux sociaux, un candidat googlé est en général assuré de voir ces liens apparaître en premier.
Et si toutefois des contenus préjudiciables venaient à ressortir ? « La plupart du temps, il suffit de jouer sur les settings des réseaux sociaux afin de réduire la capacité des moteurs de recherche à indexer des informations », note le directeur exécutif d'Hington Klarsey. « Ou encore de supprimer quelques photos, l'idéal étant d'en avoir deux ou trois que l'on maîtrise ». Le mot d'ordre : faire preuve de bon sens et prévenir ses amis lorsqu'on est en recherche d'emploi afin que ces derniers évitent de poster des commentaires qui pourraient retenir l'attention.

Quant aux contenus que l'on ne maîtrise pas ? « Le négatif doit se traiter hors d'Internet », conseille Xavier Desfeuillet. « Le plus souvent, il s'agira de négocier le retrait d'un commentaire en expliquant pourquoi le contenu est préjudiciable. Les gens savent généralement faire la part des choses. » Et si aucun terrain d'entente ne peut être trouvé, il existe des agences spécialisées aptes à argumenter et entamer les démarches juridiques nécessaires.

« Internet est une immense base de données », conclut Xavier Desfeuillet. « Le tout est de la remplir sobrement sans y passer trop de temps ni trop d'argent, car dans une majorité de recrutements, ce n'est pas déterminant. »

Sandrine Guinot

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D'ailleurs, l'un des

D'ailleurs, l'un des intérêts des réseaux sociaux comme outil de recrutement n'est-il pas justement de pouvoir s'appuyer sur les "aspérités" des profils des candidats ?
Si demain la plupart des candidats y adoptent un profil lisse, "poisson pané" (© Lacairn) autant se cantonner aux cévéthèques des jobboards...

Au delà des aspects

Au delà des aspects techniques et des méthodes et pratiques de Personal Branding, ces pratiques doivent nous interroger nous recruteurs sur ce que nous souhaitons voir des candidats . Souhaite-t-on rencontrer des candidats "poissons panés" qui se ressemblent tous et cherchent à ressembler à une icône ( où tous les cadres doivent faire un sport d'équipe et avoir une activité culturelle et une présence associative par exemple comme le notait une étude récente ) ? Ou au contraire souhaite-t-on rencontrer y compris sur la toile des candidats avec leurs aspérité et leur projet de vie, et voir s'il est compatible avec notre projet stratégique d'entreprise. A contrario, un patron doit-il s'efforcer de ressembler à la couverture de Capital et se faire systématiquement le porte parole du Medef pour être crédible , je ne le pense pas, en savoir plus sur ses valeurs personnelles peut attirer certains candidats , permettre à d'autres de choisir de ne pas postuler dans son entreprise. C'est pourquoi, j'engage chacun à fuir la norme et a essayer de se ressembler le plus possible dans la vraie vie (i-e réelle + numérique), ce qui sera sanctionné demain c'est le décalage entre le discours émis numériquement et les constats IRL, pas la segmentation que chacun pourra faire grace ou à cause de sa présence numérique .

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