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Au sommaire en octobre 2011 :
- Le billet d'Elsa Fayner :
- Dossier :
- Débat :
- Question RH :
- Zoom région :
- Focus salaires :
- Vidéo :
- Sondage :
- Archives des précédentes Newsletters
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Le temps de travail diminue. La pénibilité physique du travail s’est globalement stabilisée. Le droit du travail s’est étoffé.
Ca devrait donc aller mieux au travail, et pourtant, selon un sondage de l’Anact, parmi les 40% de français qui se déclarent « stressés », 60% le seraient du fait de leur travail. Tandis que les TMS (troubles musculosquelettiques), liés au stress, sont devenus la première cause de maladie professionnelle reconnue en France.
Parce que le travail s’intensifie ?
Pas seulement. « Actuellement, tout se passe, pour de nombreux salariés, comme s’il n’y avait plus que des pointes, que des urgences », analyse Philippe Davezies, chercheur en médecine du travail : sur la chaîne, l’ouvrier est incité à moins de rigueur dans le contrôle des soudures, l’aide soignante est contrainte de passer son repas mixé à la personne âgée parce qu’elle ne dispose pas du temps nécessaire pour l’aider à manger, l’employé de banque doit vendre le produit financier sur lequel son établissement fait campagne sans trop s’appesantir sur la situation de son client, etc.
Résultat, poursuit le chercheur : « Les collectifs explosent car ce qui les fonde, c’est le sentiment de partager un certain type de rapport au travail, au monde. Or, quand chacun fait ce qu’il peut, quand chacun tente de définir pour lui ce qu’est un travail bien fait, les valeurs communes disparaissent ».
D’autant plus que, désormais, chacun a ses horaires, son salaire, ses primes, ses tâches. Individualisés.
Comment réintroduire du collectif dans les nouvelles organisations du travail ?
Telle est désormais la question si on se préoccupe du malaise des salariés, mais également de la qualité du service proposé, du produit mis sur le marché, jusqu’à la sécurité assurée lorsqu’il s’agit de secteurs sensibles (nucléaire, médicaments, etc.).
« Qu’il existe des conceptions différentes de la qualité du travail, dans l’entreprise, c’est normal », estime Yves Clot, psychologue du travail. « Mais vous remarquerez que ceux qui se suicident étaient les plus attachés au travail bien fait, et qu’ils ont souffert que la définition de celui-ci ne soit même pas discutée ».
Il s’agit donc de mettre en discussion le contenu du travail, d’élaborer des compromis, car, dans l’entreprise, tous sont, de fait, solidaires : « liés par une responsabilité et des intérêts communs », rappelle le dictionnaire.
Elsa Fayner
Le coup de coeur d'Elsa Fayner ❤ :L'ordinaire, une pièce de théatre de Michel Vinaver Ils sont onze à bord du jet privé qui s’écrase dans les neiges éternelles de la Cordillère des Anes. Que reste-t-il? Une carlingue déchiquetée et huit survivants: le dirigeant d’une multinationale, accompagné de son épouse, de sa secrétaire, et de quatre vice présidents ; l’un a emmené sa fille, un autre sa maîtresse. Michel Vinaver qui a écrit cette pièce en 1980 se plaît à comparer aujourd’hui le crash de l’avion à la crise financière. Dans L’Ordinaire, rien -ou presque- ne change. Les conversations sur l’avancement de tel directeur, le développement des activités dans telle région, les échecs et les succès de la marque, reprennent. Les prétendants se battent pour plaire au PDG. Puis, peu à peu, les masques tombent. La violence se fait plus crue. Qui faut-il sacrifier? Qui faut-il manger? Le PDG se révèle moins solide qu’il en a l’air. Mais, comme les personnages comprennent, ils ne résisteront que s’ils ne sont pas seuls, s’ils ménagent leurs congénères. Certains, du moins, jugés précieux. Par calcul, par intérêt, ou même par bonté, dirait-on. Inspiré d’un fait divers survenu en 1972, L’Ordinaire est entrée en 2009 au répertoire de la Comédie française. Pour les 82 ans de Michel Vinaver, lui-même embauché en 1953 dans une entreprise multinationale fabriquant des produits de grande consommation, où il a occupé jusqu’en 1980 des fonctions de cadre, puis de PDG de filiales dans plusieurs pays d’Europe. Tout en écrivant. |
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Je suis journaliste indépendante depuis dix ans, et je me suis spécialisée dans le monde du travail à la suite d’un reportage de trois mois, mené en 2007, en immersion dans le quotidien des travailleurs précaires: je me suis fait recruter dans trois entreprises pour observer les conditions de travail.
Un livre en est naît, « Et pourtant, je me suis levée tôt… ».
Surtout, ce passage de l’autre côté des murs de l’entreprise m’a donné envie de poursuivre mon enquête.
Je collabore maintenant à plusieurs magazines sur le travail (Santé & Travail, Miroir sociale, etc.), j’ai réalisé deux documentaires tv (« Travailleurs à bas prix », 52’, France 2, 2009 ; « Call centers : les nouveaux prolétaires », Envoyé Spécial, 2010), et, depuis janvier 2009, j’anime mon blog journalistique, Et voilà le travail, chroniques de l’humain en entreprise (www.voila-le-travail.fr).
J’aimerais qu’il soit un carrefour, entre les témoignages de salariés, de managers, d’employeurs, et les analyses des médecins, sociologues, économistes, pour avancer quelques éléments de compréhension du monde du travail d’aujourd’hui. |