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travail : the place to be ?

#conseil #marché de l'emploi

Longtemps pilier de la société et de l’individu, la « valeur travail » est aujourd’hui en net déclin. Allons-nous vers la fin du travail ? Autour de quelles valeurs se réorganise-t-on alors ? Petit tour d’horizon d’une véritable révolution.

France : un désamour pour le travail

Passé de la deuxième à la quatrième place, le travail semble jouer un rôle de moins en moins central dans la vie des français. Ainsi, selon un sondage Ifop cité par la fondation Jean Jaurès, seuls 24 % des français considèrent le travail comme « très important », contre 60 % en 1990. Mais pourquoi ce soudain désamour ? 

Si la crise sanitaire y est pour quelque chose, elle n’est pas la seule en cause. Autrefois structurant pour l’individu, garant de sa réalisation et de son émancipation, le travail est passé à la moulinette de critères neufs : la quête de sens, de bien-être, d’épanouissement personnel…

Le nouveau rapport au travail

Ce bouleversement concerne plus précisément les 18-35 ans, qui « n’entretiennent pas le même lien à l’emploi que leurs aînés », analysent Anne Rodier et Jules Thomas – évoquant, dans un article pour Le Monde, une véritable « révolution silencieuse ». Le schéma « une vie, une entreprise, une carrière » des générations précédentes ne fait plus rêver.

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Depuis plusieurs années déjà, les médias relaient les nouvelles tendances : se réinventer professionnellement, se reconvertir pour un métier qui fait sens, prendre ses distances vis-à-vis du monde du travail… On veut désormais ralentir, profiter de la vie et accorder une plus large place aux proches, aux loisirs et au bien-être. Et quitte à travailler, un seul mot d’ordre : s’épanouir.
Exit donc les horaires rigides, les hiérarchies écrasantes et les « bullshit jobs » – concept popularisé par l’anthropologue David Graeber et désignant les emplois (souvent bureaucratiques) vides de sens dont regorgent les sociétés néolibérales. 

La COVID-19 n’a finalement fait que précipiter cette mutation, avec pour conséquence une réorganisation du monde du travail depuis 2020.

Travailler moins pour travailler mieux

Si l’heure n’est pas encore au « post-workism » (théorie futuriste d’un monde sans emplois, où tous les postes seraient occupés par des automates), la réduction du temps de travail reste un objectif global

De nombreuses études ont déjà démontré que de longues journées et/ou semaines de travail ont un effet néfaste sur la productivité, et que réduire son temps de travail permet d’être plus efficace. Les pays scandinaves, notamment la Norvège et le Danemark, se classent régulièrement en tête des nations les plus productives – alors qu’elles affichent les plus faibles nombres d’heures travaillées.

Dans un article pour The Atlantic, Cody C. Delistrary estime que trop travailler est le vestige d’un système de valeurs éculé. « L’excès de travail impacte notre santé, notre moral et notre temps en famille, et il puise souvent sa source dans une sacralisation du travail, dans notre désir de nous sentir productifs (même si ce n’est pas le cas) et de pouvoir retirer un certain prestige social dans le fait de dire aux autres : “je suis très occupé’’ ».

femme regardant au loin

Sens et bien-être au travail

La quête de sens au travail a pris tant d’ampleur qu’elle est devenue un objectif à part entière. Comme le souligne l’APEC dans une enquête de fin 2020, 94 % des cadres jugent important d’exercer un métier qui a du sens.

La dimension émotionnelle (se sentir bien au travail) fait partie intégrante de ce « sens », également composé d’une « dimension cognitive » (la satisfaction de se rendre utile) et d’une « dimension aspirationnelle » (l’idée de contribuer à un projet global).

Toujours selon l’APEC, la quête de sens préoccupe aussi bien les collaborateurs, les managers que les dirigeants, tant qu’elle reste « le fruit d’un équilibre entre moyens matériels et humains pour répondre à des objectifs de vie pour les uns, d’image et de compétitivité pour les autres ».

La culture de la dernière minute

Autre tendance dont la crise sanitaire aura été le catalyseur : le « court-termisme » ou cette propension à tout faire au dernier moment. En effet, difficile de se projeter sur le long ou le moyen terme lorsque les confinements et crises successives ont raison de tous nos plans. Ajoutez à cela la multiplication des services “last minute” (voyages, cours de conduite, rendez-vous médicaux, livraison de courses…) et l’intensification des réseaux sociaux avec leurs formats de plus en plus courts et vous obtenez un cocktail détonnant !
Pas étonnant donc que cette « culture de l’urgence et de l’accélération permanente », théorisée par Vincent Cocquebert, déteigne sur le monde professionnel. Tourisme, show-business, médical, loisirs, politique… Aucun domaine ne semble épargné ! 

Malheureusement, appliquée au monde du travail, cette attitude entraîne un investissement plus précaire dans l’emploi et dans les missions avec pour effets secondaires des rendez-vous manqués, du ghosting et une difficulté à construire sur le long terme. 

« Je bosse donc je suis »… c’est fini !

Puisque le travail n’est plus aussi structurant et que l’on peut se réaliser et s’épanouir autrement, d’autres sphères gagnent du terrain et de nouveaux modèles émergent !

Dans un article de juillet 2022 pour Psychologies Magazine, Sylvain Michelet se penche sur le cas de français ayant tout simplement décidé de ne plus travailler, « pour adopter un autre mode de vie, se consacrer à d’autres activités parfois plus prenantes : élever des enfants, pratiquer un art, construire une maison, vivre autrement, hors du système… ». Moins radical, mais tout aussi novateur… le phénomène du « slashing » bouleverse aussi les codes du travail. Les slasheurs sont ces nouveaux travailleurs qui, pour fuir l’ennui, cumulent plusieurs métiers/passions, parfois sans lien les uns avec les autres. Les slasheurs sont « déjà plus de 4 millions en France », d’après Jeanne Le Borgne pour Doctissimo, « à découper leur emploi du temps entre plusieurs métiers : ils sont journaliste/auteur/prof de yoga ou coach/consultant, cuisinier/prof de gym ».

Et demain ?

Quel rapport au travail ces révolutions préparent-elles pour la société de demain ?

Pour les experts, l’hybridation du travail sera la clef. Et ce, à tous les niveaux ! Présentiel, distanciel, flexibilité horaire, élargissement des compétences et des parcours… Une forme d’agilité poussée à l’extrême. « Plutôt que de se former systématiquement dans des champs correspondant à son métier, il faut aller vers d’autres disciplines pour acquérir des compétences différentes », plaide la philosophe Gabrielle Halpern dans La Tribune. « C’est ainsi que les juristes se formeront au commerce ou que les data scientists apprendront la communication ».

Flexible, digitale, soucieuse du bien-être et de l’environnement… telle serait l’entreprise de demain. Plusieurs entreprises illustrent déjà ce #futureofwork ambitieux. On peut citer, parmi elles, le géant des Télécoms Bell et son accent mis sur la santé mentale, ou encore Otka et sa mesure de la qualité de vie au travail.

En bref, un avenir plein de paradoxes à concilier : un monde du travail à la fois plus digitalisé et plus humain, des carrières relativisées et aussi riches de sens… 

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