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pro / perso : comment et où recréer des barrières ?

#bien-être au travail #conseil #motivation

En mars 2017, une vidéo d’un journaliste de la BBC avait fait le tour du monde : on l’y voyait, en direct, interrompu par l’intrusion de ses jeunes enfants, puis son épouse, tentant de faire sortir les enfants.
3 ans plus tard, le monde entier vivait la même expérience que lui : l’irruption de la vie personnelle, privée, dans la vie professionnelle. Le floutage des limites et les questions qui vont avec. Comment recréer ces barrières ? De quoi ont besoin et envie les collaborateurs·trices aujourd’hui ? Voici quelques éclairages et pistes pour avancer, ensemble !

La vie personnelle trouve enfin sa place dans le contexte du travail 

C’est un vrai changement de paradigme que nous vivons, avec une remise en question profonde de la place du travail. Le récent buzz autour du mouvement du « quiet quitting » le prouve : le monde du travail créé pour le travailleur idéal, disponible en priorité pour son entreprise, est en train de disparaître. Fin novembre 2020, 58% des salarié·es estimaient que la crise du Covid avait changé leur rapport au travail.

Ce qui a changé aussi, c’est le fait de tenir compte de la vie personnelle dans la manière dont le travail est pensé et organisé. On ne peut que s’en réjouir : on n’a jamais autant parlé des aidant·es, des parents, et de toutes les catégories de salarié·es dont les fortes responsabilités en dehors du travail leur créent un quotidien parfois très complexe. La prise en compte du bien-être des salarié·es est une attente prioritaire, et la prise en compte des contraintes personnelles en fait partie.

Des limites floutées, pour le meilleur et pour le pire

En même temps, parallèlement à ces changements fondamentaux d’aspirations, on a vu grimper en flèche les situations de souffrance mentale : impact à long terme des confinements, intensité et temps de travail sont les raisons qui expliqueraient les taux d’absentéisme en hausse pour motif de santé mentale.

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Cette période est complexe : nous sommes en train de redessiner, individuellement et collectivement, les contours d’une vie professionnelle respectant aussi la vie personnelle. Et ce n’est pas parce que les domaines professionnel et personnel de nos vies ne sont pas cloisonnés (notre cerveau n’a pas de barrière hermétique empêchant de penser à la vie de famille lorsque nous sommes au travail, et inversement !), que nous ne devons pas, proactivement, trouver de nouvelles manières de cloisonner nos espaces, nos temps, nos rôles. Parce que ces cloisons, nous en avons besoin.

En 2016, une équipe de chercheurs finlandais a étudié plus de 1000 employés finlandais pour identifier des profils de gestion de frontières entre le professionnel et le non-professionnel. Ils ont identifié 4 profils : les intégrateurs (qui mélangent vie pro et perso), les bourreaux de travail (très pris par le travail à la maison), les séparateurs (qui cloisonnent bien le professionnel du non-professionnel) et une dernière catégorie, dont la vie personnelle tient une grande place au travail. Les bourreaux de travail, mais aussi les intégrateurs, avaient une moins bonne forme physique et émotionnelle que les séparateurs, de moins bonnes relations avec leur conjoint et leurs enfants et plus de culpabilité ressentie. Ulla Kinnunen, la psychologue qui a dirigé l’étude, l’affirme : « Si nos rôles au travail et à la maison se chevauchent constamment, il devient impossible de se remettre d’une journée de boulot une fois rentré chez soi. »

Remettre des barrières, choisies

Alors que peut-on faire, que l’on soit salarié·e ou manager ?

La première chose, c’est recréer des sas entre les différents moments de la journée. Notre cerveau et notre corps ont besoin de comprendre que la journée de travail est terminée avant d’être disponibles pour la suite. Ça peut sembler simpliste, mais prendre un temps, même court, pour marquer la transition, est très important : faire le tour du pâté de maison, écouter un morceau de musique, passer un appel, il y a plein de manières de signifier que la journée de travail est finie, et qu’il est temps de passer à autre chose, de « fermer les onglets » si on veut.

Le deuxième conseil, c’est d’arrêter le multi-tâche. Vous savez, cette idée qu’en réglant une tâche personnelle en même temps qu’on est en visio, on va gagner du temps ? Non seulement cela ne nous fait pas gagner de temps, mais en plus cela fatigue notre cerveau. Jean-Philippe Lachaux, Directeur de recherche à l’INSERM, l’explique très bien : nous avons l’impression de « prendre de l’avance » sur une autre tâche, mais ce n’est qu’une illusion. Un sujet à la fois, sans quoi nous nous épuisons.

Enfin, et c’est un des grands enjeux du futur du travail : apprendre à parler de sujets personnels « publics », c’est-à-dire tous les sujets qui touchent la vie personnelle (et non pas intime) et qui impactent la vie professionnelle. Un enfant malade, un divorce, un rôle d’aidant·e. Nous n’avons pas appris à parler de tout cela sur le lieu de travail, et nous devons apprendre à évoquer ces sujets, sans dépasser la frontière de l’intime.

Alors, à vous : parmi ces propositions, qu’est-ce qui fait particulièrement écho pour vous ? Sur quoi êtes-vous prêt·e à agir, pour vous ? Et comment pourriez-vous ouvrir la conversation autour de vous ? L’équilibre vie pro / vie perso, bien loin d’être un sujet individuel, est un sujet fondamentalement collectif.

à propos de l’auteure

Sandra Fillaudeau

Sandra Fillaudeau est la créatrice du podcast Les Équilibristes, dans lequel elle interviewe des femmes, des hommes, des couples, des spécialistes, qui « choisissent tout », et nous livrent ce que cela signifie pour eux, redéfinissant l’intégration pro/perso.

Parce que ces sujets concernent aussi les entreprises, elle a fondé Conscious Cultures, société de conseil dont la mission est d’aider les entreprises à comprendre et prendre en compte qui sont leurs salariés, leurs besoins réels et aspirations, pour concevoir les conditions qui leur permettront de fournir leur meilleur travail.

Sa méthodologie intègre des outils du Design Thinking, du marketing (son métier pendant 15 ans) et des apports de coaching, auquel elle s’est formée auprès du CoActive Coaching Institute. Son approche est nourrie d’influences du monde entier, et en particulier des États-Unis où elle a grandi.

Elle accompagne en coaching les individus en quête de plus de clarté et de sérénité, qui veulent s’extraire du tiraillement entre le pro et le perso et investir tous les domaines de leur vie.

Experte pour Le Lab, la communauté d’expert.e.s du média Welcome to the Jungle, elle écrit des articles qui explorent les nuances de l’harmonie pro/perso pour inventer le travail de demain.

Et plus encore : le Coup de Coeur de Sandra Fillaudeau

Episode 74 du podcast Les Équilibristes “Christophe André – Questionner notre rapport au travail”

image podcast les equilibristes

Dans cet échange avec le célèbre psychiatre Christophe André, pionnier du développement de la méditation de pleine conscience en France, nous abordons la question de la place du travail dans nos vies, et de la frontière entre pro et perso. Nous parlons de consolation au travail, de solidarité et de vulnérabilité, de la place pour la santé mentale dans l’environnement professionnel. Il se livre aussi sur son propre rapport au travail, et sur le rôle des écrans, qui fragilisent notre équilibre vie pro / vie perso en rendant plus difficile la coupure. Son recul, sa sagesse et son ancrage concret dans la vie quotidienne de notre époque, aussi, font tant de bien à écouter !

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