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Quels rôles peuvent jouer les neurosciences en entreprise ?

#bien-être au travail #motivation #recrutement

6 avril 2021

Formation professionnelle, recrutement, management, QVT… Portées par les progrès techniques et scientifiques, les neurosciences prennent aujourd’hui de plus en plus de place dans le monde professionnel. Tour d’horizon de leurs champs d’application et de leurs atouts pour une entreprise.

💡 L’origine des neurosciences

Apparues à la fin des années 1960, les neurosciences ont connu de belles avancées au cours de la dernière décennie. Elles permettent aujourd’hui de mieux appréhender les nombreux signaux que nous envoie notre cerveau et de comprendre le fonctionnement du système nerveux. Grâce à la neuro-imagerie ou l’imagerie cérébrale, il est désormais possible d’observer le cerveau d’un individu en train d’effectuer une tâche cognitive (parler, compter, se souvenir…) et ainsi repérer les zones et stimulis.

 💪 De multiples champs d’application en entreprise 

Neuropédagogie, neuroéducation, neuronutrition, neuropsychologie, neuroéconomie… les neurosciences ont peu à peu investi toutes les sphères de notre quotidien, et bien entendu le monde de l’entreprise n’y a pas échappé. Elles permettent non seulement de développer l’intelligence émotionnelle de chaque acteur des entreprises, de mieux gérer la motivation et l’implication des collaborateurs, mais aussi de favoriser l’intelligence collective.

Adaptez le management au fonctionnement du cerveau

Les neurosciences offrent la possibilité de mieux comprendre comment chacun fonctionne, individuellement et en équipe. « Quand je vois quelqu’un arriver en colère, je commence par lui dire de se poser et de se demander pourquoi il est en colère. Si vous comprenez l’émotion ressentie par votre interlocuteur, vous connaissez aussi son besoin », expose Julien Brunet pour Capital.

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La maîtrise des émotions et des mécanismes du cerveau permettent aux managers d’avoir les bons outils pour développer les talents, augmenter les performances collectives, diminuer le stress improductif et accroître la motivation.

Comment ? En intégrant la communication non-violente, l’intelligence émotionnelle et le feedback positif à son style de management, en laissant les équipes participer aux prises de décisions pendant les réunions ou encore en acceptant qu’ils se trompent. « Il s’agit d’adapter le monde du travail au fonctionnement cérébral plutôt que l’inverse », précise le chercheur Pierre-Marie Lldo, directeur du département de neurosciences à l’Institut Pasteur dans un article Les Echos.

Recrutement : exit le mode automatique cérébral

La recherche sur le cerveau a démontré l’existence et l’impact de biais cognitifs dans la sélection de candidats. Soit, des réflexes de pensée inconscients et systématiques tels que “Il a fait HEC, il est forcément bon”, “Il est arrivé en retard, il n’est pas sérieux”.

Ces derniers ont tendance à influencer la prise de décision selon des critères non pertinents, voire trompeurs. Les neurosciences permettent de réduire cette marge d’erreur lors d’un recrutement. « Ceci passe par l’inhibition du cerveau automatique inconscient et la stimulation du cerveau adaptatif via une meilleure activation du cortex préfrontal. C’est ainsi qu’un individu pourra modifier ses représentations mentales (certitudes, freins, peurs, croyances limitantes…) », expliquent Ricardo Croati et Erwan Devèze dans un article Harvard Business Review France.

Concrètement, pour considérer un candidat au-delà de sa formation, de son genre, de son apparence physique, et en se basant uniquement sur ses aptitudes cognitives, les recruteurs ou managers peuvent s’appuyer sur des tests psychométriques à faire passer aux candidats, tels que :

  • Le test psychométrique Atman : il mesure 11 dimensions de la personnalité (mode d’apprentissage, force de caractère, comportement, compétitivité, motivation, assurance, confiance, sociabilité, tension nerveuse, maturité émotive, énergie).
  • Le test Two B-R de PerformanSe : il évalue le potentiel d’un collaborateur ou candidat sur la base de 4 critères (Influence, décision, efficacité, agilité).
  • Le test Profil Pro 2 de Central Test : il permet d’analyser les traits qui influencent le comportement et la performance d’un individu au travail sur la base de 28 facettes de la personnalité et des motivations.

Cette liste est non exhaustive car il existe pléthore de tests psychométriques sur le marché. A savoir que même s’ils incluent des tests de personnalité, ils en diffèrent par leur approche scientifique : ils sont standardisés, disposent de normes et ont fait l’objet de validation scientifique.

Pour les candidats : pas de panique ! Il n’existe ni bonne ou mauvaise réponse, ce type de test permet uniquement d’identifier vos facettes innées et naturelles.

Formation professionnelle : l’occasion de solidifier les réseaux de neurones

Le cerveau est économe. Lorsqu’il est confronté à un amas d’informations, il ne va retenir que ce qui lui semble utile ou ce qu’il a déjà acquis ou répété. Cela fait alors appel aux biais de confirmation (on ne retient que ce qui confirme nos expériences), aux biais d’ancrage (on se tient à sa première impression malgré les explications) ou encore aux biais de disponibilité (on ne retient que les informations qui arrivent le plus vite, soit les plus récentes ou surprenantes par exemple).

La parade ? Comprendre et utiliser très souvent les nouvelles informations. Par exemple, en multipliant les tests qui sont de formidables outils de mémorisation, et en alternant dans les modes d’apprentissage la théorie et la pratique. En validant régulièrement ses connaissances au travers de quiz pour corriger au fur et à mesure ses erreurs et ancrer plus profondément ses acquis.

« Les études en sciences cognitives montrent que des stratégies d’apprentissage actives amplifient et solidifient les réseaux de neurones permettant un rappel des connaissances ou des comportements appris plus tard, contrairement à un apprentissage passif », détaillent des docteurs en neurosciences pour L’Usine Nouvelle.

Et comme le cerveau connaît une baisse de régime toutes les 10 à 20 minutes, l’apprenant rencontre une baisse de son attention. Il est donc préférable de baser la formation sur une succession de temps théoriques, pratiques et/ou de discussion. 

Qualité de vie au travail : activez les bons circuits neurologiques

Selon une étude d’OpinionWay réalisée en 2018, des salariés heureux permettent d’augmenter la productivité de 12 %. Et là encore les neurosciences ont un rôle intéressant.

Par exemple lorsque vous observez quelqu’un, le cerveau va activer certaines aires cérébrales ou “neurones miroirs” qui peuvent générer une contagion émotionnelle. « Il a été démontré que notre cerveau aurait une préférence pour les sentiments positifs. C’est la raison pour laquelle il réagit rapidement à un visage heureux et que le sourire est si contagieux », détaille Olivier De Ladoucette pour Notre Temps.

Ainsi, une personnalité positive, souriante ou enthousiaste va inconsciemment inspirer les cerveaux qui l’entourent et créer des dispositions neuronales liées à cet état.

Autre levier avancé par les chercheurs : la reconnaissance. « Elle active les circuits neurologiques de la récompense sur lesquels reposent la motivation, la confiance et la cohésion sociale », estime Olivier Oullier pour Les Echos. Rien de tel pour la stimuler qu’un environnement neuro-bienveillant une culture d’entreprise dans laquelle les collaborateurs se sentent libres de s’exprimer et d’expérimenter.

Et plus encore :

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